Hypophyse

Hypophyse


 

Anatomie de l'hypophyse

L’hypophyse, ou glande pituitaire, est une petite glande endocrine de la taille d’un raisin qui se situe à la base du cerveau. Elle est suspendue à une autre structure, l’hypothalamus, par la tige pituitaire. L’hypophyse est formée de deux lobes :

  • Le lobe antérieur, ou adénohypophyse, relié à l’hypothalamus par un réseau vasculaire.
  • Le lobe postérieur, ou neurohypophyse, composé de cellules nerveuses reliées à l’hypothalamus.

Physiologie de l'hypophyse

L’hypophyse libère au total huit hormones qui contrôlent toutes les sécrétions hormonales de l’organisme, que ce soit directement ou en agissant sur d’autres glandes comme la thyroïde ou les glandes surrénales. Les hormones sont des substances qui assurent la régulation d’un grand nombre de fonctions essentielles (croissance, grossesse, température interne, adaptation et réaction face au stress, aux émotions,...).

L’adénohypophyse sécrète six hormones :

Nom de l’hormone

Organe cible / Actions

Hormone de croissance (GH)

Stimule la croissance (surtout celle des os et des muscles et le métabolisme)

Prolactine (PRL)

Glande mammaire / Stimule production de lait

Hormone folliculo-stimulante (FSH)

Ovaires et testicules / Stimule la production d’ovules et de spermatozoïdes

Hormome lutéinisante (LH)

Ovaire et testicules / Stimule l’ovulation et production de testostérone

Thyréotrophine (TSH)

Glande thyroïde / Stimule la production d’hormones thyroïdiennes

Corticotrophine (ACTH)

Reins (cortex surrénal) / Stimule la sécrétion de glucocorticoïdes par le cortex surrénal

Quatre de ces hormones (la FSH, la LH, la TSH et l’ACTH) sont des stimulines, c’est-à-dire qu’elles agissent sur leurs organes cibles, des glandes endocrines, et qu’elles les stimulent à produire à leur tour des hormones. La TSH par exemple, un fois libérée dans la circulation sanguine, va stimuler la thyroïde pour la sécrétion d’hormones thyroïdiennes.

A l’inverse, la GH et la PRL agissent sur des organes qui ne sont pas des glandes endocrines. La PRL agit par exemple directement sur la glande mammaire. Elle stimule et maintient la production de lait après l’accouchement.

La neurohypophyse libère deux hormones :

Nom de l’hormone

Organe cible / Actions

Ocytocine

Glandes mammaires et muscles de la paroi de l’utérus / Stimule la contraction de l’utérus lors de l’accouchement et le réflexe de la sécrétion de lait.

Hormone antidiurétique (ADH)

Reins (tubules rénaux) / Favorise la réabsorption d’eau par les reins.

L’ocytocine et l’ADH sont initialement fabriquées par des cellules neurosécrétoires de l’hypothalamus. Elles sont ensuite transportées à la neurohypophyse où elles sont stockées.

Régulation de la libération des hormones

Les hormones contrôlent leur propre libération en fonction de leur concentration dans le sang, c’est ce qu’on appelle un mécanisme de rétro-inhibition. Au fur et à mesure de leur production, elles se concentrent dans le sang. L’hypophyse et l’hypothalamus sont alors sensibles aux variations de concentrations de ces hormones. Si le taux est trop élevé, l’hypothalamus stoppe leur sécrétion en inhibant la sécrétion des hormones adénohypophysaires par l’action d’hormones d’inhibition. A l’inverse, leur production est stimulée par l’action d’hormones de libération de l’hypothalamus sur l’adénohypophyse. Par exemple, la corticolibérine (CRF) est produite par l’hypothalamus pour stimuler la sécrétion de l’ACTH par l’adénohypophyse. Le mécanisme est cyclique : les taux d’hormones diminuent et augmentent en alternance.

La libération de l’ocytocine et de l’ADH par la neurohypophyse est quant à elle déclenchée par un influx nerveux en provenance de l’hypothalamus.

Pathologies de l'hypophyse

En cas d’anomalies de fonctionnement de l’hypophyse, un défaut ou un excès de production d’hormones peut être observé et entraîner une très grande variété de pathologies endocriniennes. L’hypophyse est fréquemment le siège d’adénomes, des tumeurs bénignes qui sont le souvent à l’origine d’hypersécrétion3,4. Lorsque l’adénome hypophysaire est supérieure à 1 cm, on parle de macroadénome et il peut entraîner un défaut de sécrétion d’hormones, appelé hypopituitarisme (insuffisance de sécrétion) (5).

Ces adénomes peuvent être situés au niveau des différents types de cellules sécrétrices de l’adénohyophyse et n’ont pas la même fréquence (du fréquent au moins fréquent) :

  • Adénome lactotrope, se situe au niveau des cellules sécrétrices de la PRL.
  • Adénome somatotrope, se situe au niveau des cellules sécrétrices de la GH.
  • Adénome gonadotrope, se situe au niveau des cellules sécrétrices de la FSH et la LH.
  • Adénome corticotrope, se situe au niveau des cellules sécrétrices d’ACTH.
  • Adénome thyréotrope, se situe au niveau des cellules sécrétrices de TSH.
  • Adénome mixte, surtout somatotrope et lactotrope, mais d'autres associations existent.

Conséquences d’hypersécrétion (3-5) :

  • Hypersécrétion de PRL : provoque des aménorrhées et des troubles sexuels.
  • Hypersécrétion de GH : chez l’enfant, elle peut entraîner le gigantisme qui se traduit à l’âge adulte par une taille exceptionnellement grande (l’Américain Robert Wadlow mesurait 2,72 m par exemple). Si l’hypersécrétion commence à la fin de la croissance, elle peut provoquer l’acromégalie (provoque entre autres une hypertrophie des os du visage et un épaississement des tissus du visage, une hypersudation et douleurs articulaires).
  • Hypersécrétion de LH et FSH : ne semble pas causer de problèmes.
  • Hypersécrétion d’ACTH : entraîne une hypersécrétion de glucocorticoïdes (ex : cortisol) par le cortex surrénal, ce qui peut provoquer la maladie de Cushing (6) (se manifeste par une obésité avec hypertension artérielle, du diabète et de l’asthénie).
  • Hypersécrétion de l’ADH : responsable du syndrome de sécrétion inappropriée d'hormone antidiurétique (SIADH) qui peut être responsable d'une « intoxication à l'eau ». Se caractérise par une baisse du taux de sodium dans le sang et une réduction du volume des urines. Défaut de sécrétion entraîné par la présence d’un kyste ou d’une tumeur.

Conséquences d’hypopituitarisme (3-5) :

  • Hyposécrétion de GH : provoque un nanisme hypophysaire chez l’enfant. Les personnes atteintes présentes une taille réduite qui ne dépasse généralement pas 1,2 m à l’âge adulte.
  • Hyposécrétion de LH et FSH : entraîne une absence de puberté, une aménorrhée, impuissance, infertilité autant chez l’homme que chez la femme.
  • Hyposécrétion d’ACTH : provoque une insuffisance corticotrope qui est la dangereuse sur le plan vital. Elle entraîne une asthénie, une hypotension artérielle et des troubles digestifs.
  • Hyposécrétion de l’ADH : est à l’origine d’un diabète insipide. Les patients souffrent de polyurie (élimination d’une grande quantité d’eau de leur corps par les urines, de 6 litres par jour) et de polydipsie (soif excessive). Le traitement est possible par une hormone de synthèse. Défaut de sécrétion entraîné par la présence d’un kyste ou d’une tumeur.
  • Panhypopituitarisme : le déficit concerne toutes les hormones produites par l'hypophyse.

Examens et opérations de l'hypophyse

IRM hypophysaire : examen médical à visée diagnostique réalisé grâce à un grand appareil cylindrique dans lequel sont produits un champ magnétique et des ondes radio pour générer des images très précises, en 2D ou en 3D. Dans le cas de l’hypophyse, l’IRM permet de mettre en évidence la présence d’un adénome responsable de déficit de sécrétion d’hormones. Il est alors possible d’évaluer l’étendue de la tumeur et de surveiller son évolution ou sa résorption (tumeur enlevée par chirurgie).

Analyse sanguine du taux d’hormones : le dosage d’une hormone est prescrit par le médecin en cas de suspicion d’une pathologie. Par exemple, un dosage de l’hormone de croissance peut être demandé dans le cas de troubles de croissance chez l’enfant ; un dosage de prolactine met en évidence une hyperprolactinémie qui est la cause d’aménorrhée. De la même manière, un dosage de la TSH peut aussi mettre en évidence des dérèglements thyroïdiens. L’hormone produite par la glande cible peut aussi faire l’objet d’un dosage. L’ACTH et le cortisol peuvent être dosés en même temps et seront un bon indicateur d’une atteinte des glandes surrénales ou de l’hypophyse.

Fiche créée : juillet 2016