Barbe


 

Anatomie de la barbe

Le poil de barbe est constitué d'une partie enfouie sous la peau, le follicule pileux appelé habituellement racine du poil, et d'une partie visible, la tige ou fibre pilaire formée de trois couches concentriques, la cuticule, le cortex et le medulla.

Le poil est enraciné à environ 4 mm sous la peau. Il se forme au sein d’une cavité, le follicule pileux, par un assemblage de deux types de cellules (les kératinocytes et les mélanocytes) qui se multiplient très rapidement par divisions successives.

Les kératinocytes durcissent pour constituer la tige du poil puis meurent. Le bulbe du poil contient un mélanocyte pour une trentaine de kératinocytes. Les mélanocytes transmettent la mélanine (le pigment responsable de la couleur des cheveux) aux kératinocytes : la tige pilaire pousse donc pigmentée jusqu'à la disparition des mélanocytes avec l'âge.

Physiologie de la barbe

Le cycle de vie de chaque poil se divise en trois phases, la phase anagène (la jeunesse), la phase catagène (la vieillesse) puis la phase télogène (la mort). La durée de ce cycle pilaire n’est pas synchronisée et varie en fonction des zones chez l'homme (de 6 à 7 mois pour la moustache et la lèvre supérieure, 15 mois pour le menton, 2 à 6 ans pour les cheveux). Cycle après cycle, la gaine conjonctive du follicule pileux se durcit et se réduit (phénomène de la miniaturisation du follicule pileux), ce qui freine la phase anagène du poil qui dure moins longtemps et devient fin, formant progressivement un duvet ou une alopécie.

La pilosité faciale, un dimorphisme sexuel.
L’espère Homo sapiens est sexuellement dimorphe pour un certain nombre de caractères, dont la distribution de la pilosité (1) de manière générale. Par rapport aux femmes, les hommes portent une pilosité faciale marqué du fait d’un taux d’hormones androgènes important.

A quoi sert la barbe ?
On prétend souvent que la barbe constitue le reste de notre lointain passé d’homme préhistorique, du temps où il était couvert de poils pour être protégé du froid. En réalité, rien n’est moins sûr. Les recherches récentes indiquent qu’elle pourrait tout autant constituer la réapparition d’un caractère originellement perdu par l’espèce. La glabreté est en effet particulièrement répandu : de la Chine au Japon (hormis quelques exceptions), de l’Alaska à l’Amérique du Sud (chez les populations précédant la colonisation européenne) et en Afrique (toute la bande sahélienne d’est en ouest ainsi que le sud du continent). La pilosité faciale pourrait être issue de la sélection sexuelle : la barbe étant tantôt attirante tantôt repoussante en fonction des cultures (2).

Pathologies de la barbe

Propagation des maladies. Une étude a montré que les professionnels de santé portant la barbe ne véhiculaient pas de pathogènes que les professionnels de santé n’en portant pas3.

Protection contre les coups de soleil. Une étude a montré que la barbe pouvait assurer une certaine protection contre les coups de soleil. Plus les poils sont longs et cette protection serait grande (l’UPF pouvant aller de 2 à 20). Cependant, la protection diminue à mesure que l’angle zénithal solaire augmente (4).

Kérion (teigne). Le kérion est une des formes de la teigne. Il apparaît comme un placard arrondi, épais et ferme, à surface croûteuse, parsemé d'orifices folliculaires d'où sortent du pus et du sang. Chez l’adulte, on le retrouve surtout au niveau de la barbe (5).

Sycosis. La sycosis de la barbe est une affection cutanée caractérisée par une infection chronique du menton et ses alentours. L'irritation est causée par une infection profonde des follicules pileux, souvent par des bactéries Staphylococcus ou Propionibacterium6.

Femmes à barbe (hirsutisme). L’hirsutisme est un développement excessif du système pileux chez la femme, particulièrement au niveau du visage, provoqué par un taux trop élevé d’androgènes. Il est le souvent acquis, même si des formes congénitales sont possibles, et est associé à un excès d’hormones masculines chez la femme. Les patientes présentent acné, voix grave, règles irrégulières ou aménorrhée, pousse de la barbe et virilisation.

Poil incarné. Le poil incarné est un poil qui est sorti de son follicule et qui n’a pas percé le derme. Il va donc pousser à l’intérieur de la peau et créer des complications cutanées dont les graves sont l’inflammation cutanée, la montée du pus, des cicatrices et des rougeurs.

Traitements et prévention de la barbe

Coupe du poil et durcissement. Une croyance veut que on coupe un poil, il repousse et durcit. Or, le poil étant un phanère mort, le couper n’a aucun impact sur son cycle. En revanche, l’arracher stimule son follicule et favoriserait la pousse d’un poil puissant.

Effet du Minoxidil sur la pousse de barbe. Aucune étude scientifique n’a démontré que le minoxidil pouvait accélérer la croissance du système pileux facial bien que ieurs témoignages arguent de son efficacité relative. Sa capacité à élargir les vaisseaux sanguins et ouvrir les canaux potassiques pourrait expliquer une telle action. Il est recommandé toutefois d’en discuter avec son médecin avant d’envisager un tel traitement, les effets secondaires étant nombreux.

Influence du manque de sommeil et de la sexualité. Une étude a montré qu’un déficit sommeil réduisait la croissance de la barbe en raison d’une synthèse amoindrie de protéines (8). A l’inverse, une étude a montré que la pousse de la barbe chez l'homme était sensiblement rapide pendant ses périodes d'activité sexuelle (9).

Examens et exploration de la barbe

Analyse toxicologique. Les poils de la barbe ont été suggérés comme une source alternative pour la détection des drogues lorsque les cheveux du cuir chevelu ne sont pas disponibles.

Greffe de cheveux par des poils de barbe. Les personnes souhaitant bénéficier de la chirurgie restauratrice des cheveux et doté d’une zone donneuse limitée, il est possible d’utiliser des poils faciaux pour augmenter l’approvisionnement folliculaire potentiel (10).

Historique et symbolique de la barbe

Système de rôlisation érotique. Le poil corporel est associé de longue date par les théories humorales au « tempérament sanguin », et idéalement masculin. Dans le cadre de ces théories, le poil est érigé en marqueur de la puissance sexuelle (11). La différenciation de la pilosité serait ainsi une signalétique majeure dans le système de « rôlisation » érotique prégnant dans nos sociétés (12).

Perception de la barbe. D’après une étude, les femmes seraient davantage attirées par les hommes légèrement barbus, tandis qu’une barbe fournie inspirerait la confiance et la capacité à être un bon père (13). La nature des jugements est cependant souvent contradictoire.

Fiche créée : juillet 2016
Auteur : Martin Lacroix