Tomber enceinte rapidement : les mythes de la conception

Tomber enceinte rapidement : les mythes de la conception


 

Certains aliments aident à tomber enceinte

FAUX. Il n’existe pas d’aliment magique qui garantisse la fécondation. Toutefois, il est démontré qu'une alimentation saine et équilibrée participe à la fertilité. La Nurses’ Health Study (1), vaste étude américaine de la Harvard School of Public Health qui a suivi pendant 8 ans une cohorte de 17 544 femmes, a montré qu’un régime alimentaire spécifique accompagné d’une activité physique quotidienne réduisait jusqu’à 80% les risques d’infertilité liés à des troubles de l’ovulation. Depuis, on sait un peu à quoi ressemble le « régime fertilité ». Il privilégie :

  • des aliments à index glycémique bas, afin d’éviter une hyper-insulinémie chronique qui risque de déséquilibrer le système hormonal et entrainer des troubles de l’ovulation. Dans l’assiette : des céréales complètes, des légumineuses, du quinoa, mais aussi des fruits et légumes.
  • des fibres qui ont pour effet de diminuer l’index glycémique global par ralentissement du passage de sucre dans le sang. Dans l’assiette : des fruits et légumes, des céréales complètes, des oléagineux, des légumineuses.
  • des graisses de qualité, et notamment des oméga 3. A contrario, attention aux acides gras trans présents dans de nombreux aliments industriels. La Nurses’ Study a en effet montré que ces graisses trans d’origine industrielle nuisaient à l’ovulation et la conception. Dans l’assiette : des poissons gras, de l’huile de colza, de lin, de noix, des œufs Bleu-Blanc-Cœur, et moins de viennoiseries, biscuits, plats préparés industriels.
  • de protéines végétales, moins de protéines animales
  • un bon apport en fer
  • des produits laitiers entiers plutôt qu’écrémés. La Nurses’ Study a en effet montré que la consommation quotidienne de produits laitiers écrémés avait un impact négatif sur la fertilité féminine avec une augmentation des problèmes d'ovulation, tandis que la consommation quotidienne de produits laitiers entiers favoriserait la fonction ovarienne, en réduisant de 27 % le risque d'infertilité.

Il existe une position idéale

FAUX. Le kama-sutra de la fertilité, cela n'existe pas vraiment ! Le sujet a de tout temps passionné les scientifiques, mais les expériences sont difficiles à mener... L’une a toutefois analysé, IRM à l’appui, ce qui se passait dans les voies génitales durant ces deux positions sexuelles bien connues : le missionnaire et la levrette. Verdict : ces positions assurent une pénétration profonde, ce qui permet au sperme d’être déposé près du col de l’utérus. Cela facilite la fécondation, sans toutefois la garantir. A tester également : la table des délices, l’éléphant, la fourchette.

La logique veut que l'on déconseille les positions où la femme est au-dessus de l’homme, car cette modalité ne facilite pas la remontée des spermatozoïdes. Mais libre à vous, au début des calins, de tester d’autres positions... Il ne faut pas perdre de vue une chose essentielle : le plaisir !

Il faut avoir un orgasme

PEUT-ETRE. Et si l’orgasme – en de donner du plaisir – avait une fonction physiologique ? C’est ce que suggère la théorie du « upsuck », théorie selon laquelle les contractions utérines déclenchées lors d’un orgasme favoriseraient, par un phénomène d’aspiration (upsuck), la remontée des spermatozoïdes. Une récente étude (2) a cependant conclu qu’il n’y avait aucune relation de cause à effet entre l’orgasme féminin et la fertilité. Soit. Mais les essais bébés seront tout de même agréable si le plaisir est là !

Faire le poirier après l'amour aiderait à tomber enceinte

FAUX. Vous pouvez le faire si vous en avez envie ou êtes d’humeur acrobate… mais cela ne vous garantira pas de tomber enceinte ! Le bon sens recommande en revanche de ne pas se lever de suite après un rapport sexuel, afin de garder précieusement le sperme en soi… Là encore, rien n’est prouvé scientifiquement, mais cela ne coûte rien de rester allongée quelques minutes. Et c’est agréable !

Faire un enfant serait influencé par la lune

PEUT-ÊTRE. Est-ce un hasard si les cycles lunaires et les cycles féminins durent sensiblement le même nombre de jours (respectivement 29,5 et 28 jours en moyenne ? Peut-être pas...Le Dr Philip Chenette, spécialiste américain de la fertilité, a analysé les cycles de de 8000 femmes via l'appli Glow. L’étude, présentée à la conférence annuelle 2014 de l’American Society for Reproductive Medicine, a montré que chez près de la moitié des femmes, les règles débutaient le jour de la pleine lune, ou deux jours avant ou après. Et donc logiquement que leur ovulation – période de fertilité – avait lieu une quinzaine de jours après, moment où le ciel est le sombre.

Rédaction : Julie Martory, journaliste spécialiste de l'univers parental.
Mai 2017