La protéinurie pendant grossesse

La protéinurie pendant grossesse


 

Qu'est-ce que la protéinurie ?

A chaque visite prénatale, la future maman doit effectuer une analyse d’urine afin d’y rechercher le sucre et les albumines. Protéines de transport fabriquées par le foie, les albumines sont normalement absentes des urines. L'albuminurie, également appelée protéinurie, désigne la présence anormale d'albumine dans les urines.

A quoi sert la protéinurie ?

La recherche d’albumine dans les urines a pour but de dépister la pré-éclampsie (ou toxémie gravidique), une complication de la grossesse due à un mauvais fonctionnement du placenta. Elle peut survenir à tout terme, mais c’est le souvent au dernier trimestre qu’elle apparaît. Elle se manifeste alors par une hypertension (pression artérielle systolique supérieure à 140 mmHg et pression artérielle diastolique à 90 mmHg, ou « 14/9 ») et une protéinurie (concentration de protéines dans les urines supérieure à 300 mg par 24 heures) (1). L’élévation de la tension artérielle entraine une moindre qualité des échanges sanguins au niveau du placenta. Parallèlement, cette hypertension altère le rein qui ne joue correctement son rôle de filtre et laisse passer des protéines dans les urines.

C’est donc pour détecter au tôt la pré-éclampsie qu’une analyse d’urine et une prise de la tension sont systématiquement réalisées à chaque consultation prénatale.

Certains signes cliniques peuvent également apparaître lorsque la pré-éclampsie est avancée : maux de tête, douleurs abdominales, troubles visuels (hypersensibilité à la lumière, tâches ou brillances devant les yeux), vomissements, confusion et parfois des œdèmes massifs, accompagnés d’une prise de poids brutale. L’apparition de ces symptômes doit amener à consulter rapidement.

La pré-éclampsie est une situation à risque pour la maman et son bébé. Dans 10 % des cas (2), elle peut entraîner chez la maman des complications graves : un décollement du placenta entrainant une hémorragie nécessitant un accouchement en urgence, une éclampsie (état de convulsion avec perte de connaissance), une hémorragie cérébrale, un syndrome HELL

Les échanges au niveau du placenta ne se faisant correctement, la bonne croissance du bébé peut être menacée, et le retard de croissance in utéro (RCIU) fréquent.

Que faire en cas de protéinurie ?

La protéinurie étant déjà un signe de gravité, la future maman sera hospitalisée afin de bénéficier d’un suivi très régulier avec des analyses d’urine, une prise de tension et des bilans sanguins pour évaluer l’évolution de la pré-éclampsie. Le retentissement de la maladie sur le bébé est également évalué régulièrement avec des monitorings, des dopplers et des échographies.

Hormis le repos et la surveillance, il n’y a pas de traitement de la pré-éclampsie. Si les hypotenseurs permettent de faire baisser la tension et de gagner du temps, ils ne soignent pas la pré-éclampsie. En cas de pré-éclampsie sévère, la maman et son bébé étant en danger, il faudra alors faire naître le bébé rapidement.

Fiche créée : juillet 2016
Auteur : Julie Martory

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1. INSERM, Dossier d’information, Pré-éclampsie (en ligne) page consultée le 22/03/2016
2. INSERM, op. cit.