Hauteur utérine : pourquoi la mesurer pour suivre la grossesse ?

Hauteur utérine : pourquoi la mesurer pour suivre la grossesse ?


 

La hauteur utérine, qu'est-ce que c'est et à quoi sert-elle ?

La hauteur utérine désigne la distance entre le bord supérieur de la symphyse pubienne (l’os du pubis) et le fond utérin (partie la haute de l’utérus). Il s’agit en quelque sorte de la taille du ventre de la future maman sur sa hauteur.

A partir du 4ème mois de grossesse et jusqu’au terme, la hauteur utérine est mesurée à chaque visite prénatale (recommandations de la HAS) (1). La future maman est allongée sur le dos, vessie vide, bras le long du corps. Après avoir palpé son ventre afin de repérer le fond utérin, le praticien mesure la hauteur du ventre avec un simple mètre de couturière dont l'extrémité est maintenue au du bord supérieur de la symphyse pubienne, et toute la longueur au de la peau, jusqu’au fond utérin.

Comme l’utérus grandit proportionnellement au bébé, la mesure de la hauteur utérine donne une bonne indication sur la croissance foetale entre les échographies de 22 SA et de 32 SA, et après l'examen de 32 SA. La mesure de la hauteur utérine et sa progression constituent, à ce titre, l’un des outils de dépistage du retard de croissance intra-utérin (RCIU).

Le palper utérin effectué lors de la mesure permet également d’apprécier la tonicité de l’utérus et d’estimer la quantité de liquide amniotique. L’examen clinique, la stature de la maman, les antécédents obstétricaux de bébé de petit poids ou au contraire de « gros » bébé sont également pris en compte pour interpréter la hauteur utérine.

Les mesures moyennes de la hauteur utérine

Selon la règle de Fournié, courbe de référence majoritairement utilisée en France, entre le 4ème et le 7ème mois de grossesse (soit entre 18 et 32 SA), la hauteur utérine doit être égale ou supérieure au nombre de semaines d'aménorrhées révolues moins 4 (2). A ce stade de la grossesse la hauteur utérine augmente en effet d’1 cm par semaine. Après 32 SA et jusqu’au terme, la progression ralentit et la hauteur utérine augmente de 0,5 cm par semaine. On obtient donc les valeurs suivantes :

  • 4ème mois de grossesse : 16 cm ;
  • 5ème mois de grossesse : 20 cm ;
  • 6ème mois de grossesse : 24 cm ;
  • 7ème mois de grossesse : 28 cm ;
  • 8ème mois de grossesse : 30 cm ;
  • 9ème mois de grossesse : 32 à 34 cm.

La position du bébé peut influer la mesure

La position du bébé peut en effet jouer sur la hauteur utérine. S’il est positionné haut dans le ventre, la hauteur utérine peut être un peu élevée que la normale. A contrario, s’il est bas ou en position transversale (c’est-à-dire à l’horizontale), la hauteur utérine risque d’être un peu en dessous de la moyenne. Avec le palper utérin, le praticien peut détecter ces situations et interpréter la mesure de la hauteur utérine en conséquence.

La corpulence de la future maman peut également influer sur la mesure de la hauteur utérine. En cas de surpoids, la présence de tissu adipeux au niveau de l’abdomen peut rendre un peu difficile la mesure de la hauteur utérine. Une étude (3) a d'ailleurs fait état d’un écart de 2 cm entre les mesures de la hauteur utérine chez les femmes enceintes maigres et celles souffrant d’obésité. Le praticien prendra donc en compte ces différents éléments.

Quand la hauteur utérine est trop faible

Une hauteur utérine insuffisante évoque un « petit » bébé ou un oligoamnios (manque de liquide amniotique). Un bilan de RCIU , associant une échographie et, éventuellement une prise de sang (pour détecter une éventuelle infection qui aurait pu avoir un retentissement sur la croissance foetale) sera réalisé pour contrôler la croissance du bébé et évaluer la quantité de liquide amniotique.

Quand la hauteur utérine est trop haute

Une hauteur utérine supérieure à la normale évoque au contraire une macrosomie foetale, c’est-à-dire un bébé de poids important, ou un hydramnios (excès de liquide amniotique). De même, une échographie sera réalisée afin de contrôler la croissance du bébé et d’évaluer la quantité de liquide amniotique. Parallèlement, un test sanguin dit HGPO (hyperglycémie provoquée par voie orale) sera prescrit afin de dépister un éventuel diabète gestationnel, première cause de macrosomie fœtale.

Rédaction : Julie Martory, journaliste spécialiste de l'univers parental.
Mai 2017