Le lait 2ème âge : tout savoir sur le lait de suite

Le lait 2ème âge : tout savoir sur le lait de suite


 

Composition du lait 2ème âge

Si vous nourrissez votre bébé au biberon, des laits spécifiques sont spécifiquement développés et distribués en pharmacie et en grandes surfaces pour faire la transition entre une alimentation exclusivement lactée (allaitement maternel ou lait premier âge) et une alimentation diversifiée : il s'agit du lait deuxième âge, aussi appelé "préparation de suite". Ces dernières n'ont droit au terme de "lait de suite" que si le produit est entièrement à base de protéines de lait de vache (PLV).

La directive européenne - reprise par l'arrêté du 11 janvier 1994 - impose les recommandations suivantes vis à vis de la composition des préparations de suite :

  • Protéines : l'apport doit être compris entre 2,25 et 4,5 g/100 kcal quelle que soit la nature des protéines
  • Lipides : l'apport doit être compris entre 3,3 et 6,5 g/100 kcal. Les huiles de sésame et de coton ainsi que les matières grasses contenant de 8 % d'isomères trans d'acides gras sont strictement interdits. Le taux d'acide linoléique doit être au minimum de 0,3 g/100 kcal, soit 6 fois élevé que dans le lait de vache demi-écrémé. Les matières grasses végétales peuvent représenter jusqu'à 100% de l'apport lipidique total.
  • Glucides : l'apport doit être compris entre 7 et 14 g/100 kcal. Le taux de lactose doit être au moins de 1,8 g/100 kcal sauf dans le cas où les protéines sont représentées pour de 50% par des isolats de soja.

Les laits de suite renferment également de nombreuses vitamines et sels minéraux, indispensables à la période de croissance importante des touts petits. Les laits deuxième âge apportent également 20 fois de fer que le lait de vache, pour répondre aux besoins de bébé, dont les réservent en fer - produites avant la naissance - s'épuisent.

Quelles différences avec le lait 1er âge ?

Contrairement au lait premier âge, le lait 2 ème âge ne peut constituer à lui seul la base de l'alimentation du nourrisson et se substituer au lait maternel. L'utilisation de ce lait doit nécessairement se faire en parallèle de la diversification alimentaire. D'ailleurs, un arrêté ministériel du 11 janvier 1994 indique qu'à la différence du lait premier âge, ils ne peuvent être utilisé comme substitut du lait maternel pendant les quatre premiers mois de la vie.

Le but est en effet de répondre aux besoins nutritionnels de l'enfant dont l'alimentation évolue et d'assurer en particulier le juste apport en protéines.

En effet, lors de la diversification alimentaire, les quantités de lait premier âge diminuent - du fait du volume d'aliments solides ingérés (fruits, légumes, amidon) - alors que les protéines, telles que la viande, le poisson ou les oeufs en sont pas encore introduits. Le risque est donc que l'alimentation de bébé n'apporte pas assez de protéines. Mais proposer du lait de vache ne serait pas une solution car sa teneur en protéines est trop importante et celle en acide linoleique trop faible au regard des besoins de bébé.

Les préparations de suite sont donc une solution de transition, entre l'alimentation exclusivement lactée, constituée de lait maternel ou de lait premier âge - et l'alimentation parfaitement diversifiée et variée.

Les laits 2ème âge sont-ils tous équivalents ?

Qu'ils soient vendus en pharmacie ou en grandes surfaces, tous les laits infantiles deuxième âge sont soumis aux mêmes réglementations, subissent les mêmes contrôles rigoureux et répondent strictement aux mêmes normes. Il n'y a donc pas de lait sûr ou meilleur qu'un autre.

En revanche, vous pouvez être amené à vous orienter vers des marques aux différentes allégations en fonction de vos convictions personnelles. Au sujet des lait infantiles labellisé bio, il est important de noter que ce type de lait répond aux mêmes exigences de composition et de sécurité que les laits infantiles non bio. Ils sont en revanche fabriqués à partir de lait de vaches élevées selon les contraintes qu'impose l'agriculture biologique. Si vous souhaitez vous assurer de faire le choix d'un produit de qualité, pensez à vérifier la nature des huiles qui sont ajoutées.

Du côté des professionnels de la santé, le bio est un critère assez peu important car les contrôles qui régissent la fabrication du lait infantile classique - non bio, sont si rigoureux et si sévères qu'il assurent une sécurité sanitaire optimale. Lait bio ou non pour votre bébé : la décision vous appartient.

Alterner lait 2ème âge et allaitement

Si vous allaitez votre bébé et que vous souhaitez progressivement le faire passer au biberon, vous choisirez du lait deuxième âge uniquement si votre enfant prend un repas complet sans tétée dans la journée. Le passage du sein au biberon doit cependant se faire de manière la progressive possible pour préserver à la fois votre poitrine des engorgements et des mastites et à la fois bébé qui n'aime pas être perturbé dans ses habitudes.

L'idée est donc de remplacer peu à peu les tétées les moins importantes de la journée, par des biberons de lait deuxième âge. Vous supprimerez une tétée tous les deux à trois jours par exemple.

L'idéal est de supprimer en priorité les tétées les moins importantes - celles qui correspondent au moment où la lactation est la faible. Vous pouvez ainsi commencer par supprimer la ou les tétée(s) de l'après-midi. Puis lorsque vos seins seront moins tendus - après 2 à 3 jours, ou même 5 à 6 jours selon les femmes -, vous pourrez remplacer une autre tétée par un biberon.

Toutefois, si vous souhaitez continuer à allaiter, notez bien que moins les tétées sont nombreuses, moins la production de lait est stimulée. Veillez donc à conserver 2 à 3 tétées par jour. Pour respecter le rythme de bébé et entretenir votre lactation, il est également important de bien garder les rituels avec une tétée le matin et une le soir, ces moments où la production de lait est la importante. Cela vous permettra également d'éviter le risque d'engorgement. Si votre bébé a encore besoin de se réveiller la nuit et réclame une tétée, dans la mesure du possible, ne l'en privez pas.

Quand passer au lait de croissance ?

Le lait deuxième âge convient au bébé dès lors qu'il prend un repas complet sans tétée ni biberon dans la journée, jusqu'à ce que son alimentation soit parfaitement diversifiée. Ainsi, les experts de la nutrition infantile recommandent de passer du lait deuxième âge au lait de croissance vers l’âge de 10/12 mois et de poursuivre cet apport lacté jusqu’aux 3 ans de l’enfant.

Au sujet du lait de croissance au delà de ses teneurs intéressantes en acides gras, en calcium et en Vitamine D, le véritable argument qui est indiscutable concerne l’enrichissement en fer. Car si les pédiatres ne sont pas toujours d’accord sur l'intérêt du lait de croissance, les avis sur ce point sont quasi-unanimes : on ne peut pas assurer les besoins en fer d’un jeune enfant au-delà d’un an s’il arrête les laits infantiles. En pratique, il faudrait l’équivalent de 100 grammes de viande par jour, or un enfant de 3, voire 5 ans, n’est pas capable d’ingurgiter de telles quantités. Le lait de vache, quant à lui ne permet pas de répondre aux besoins nutritionnels de l'enfant de moins de 3 ans car au delà de la quantité de protéines non adaptée, il est 25 fois moins riche en fer que le lait de croissance.

Les boissons végétales (amandes, soja, avoine, épeautre, noisette, etc.), aussi enrichies en calcium soient elles, ne sont pas adaptées à l'enfant en bas âge et comportent même des risques de sérieuses carences.

Rédaction : Claire-Aurore Doray, Diététicienne-Tabacologue
Mai 2017