Les causes d'infertilité féminine

Les causes d'infertilité féminine


 

Les troubles de l’ovulation

Les troubles de l’ovulation représentent la première cause d’infertilité féminine. L’ovulation, qui a lieu normalement à chaque cycle, est une étape essentielle pour la grossesse. Sans elle il n’y pas d’ovocyte fécondable, et donc pas de fécondation possible.

Différents éléments peuvent venir perturber ce processus physiologique et entrainer une dysovulation (ovulation anormale ou rare) ou une anovulation (absence d’ovulation) : les hormones, chefs d’orchestre du cycle ovarien, la structure même des ovaires, le stock de follicule ovariens, etc. En cause, différentes pathologies :

Le syndrome des ovaire polykystiques (SOPK)

Egalement appelé dystrophie ovarienne, le SOPK est une pathologie endocrinienne qui se caractérise par une accumulation anormale, lors de la phase folliculaire, de nombreux follicules qui ne poursuivent pas leur croissance, avec pour conséquence une dysovulation ou une anovulation. Avec une prévalence de 11,9% à 17,8% chez les femmes en âge de procréer (1), le SOPK est l'une cause les importantes d’infertilité féminine.

Un hypogonadisme d’origine haute

L’axe hypothalamo-hypophysaire, qui régit la sécrétion des hormones (LH et FSH) à l'origine des cycles ovariens, peut mal fonctionner dans différentes situations :

  • un déficit en gonadolibérine (GnRH), neuro-hormone qui stimule la sécrétion des FSH et LH. On observe ce déficit dans certaines anomalies génétiques, comme le syndrome de Kamann-De Morsier ;
  • un adénome hypophysaire à prolactine, une tumeur bénigne de l’hypophyse qui entraine une hyperprolactinémie (excès de sécrétion de prolactine) à l’origine d’une dysovulation ;
  • une maladie générale telle qu’une insuffisance rénale, une insuffisance hépatique ou une hypothyroïdie peut également être à l’origine d’une hyperprolactinémie avec des conséquences sur la fertilité ;
  • certains traitements (psychotropes, anti-dépresseurs, tranquillisants, opiacés…) peuvent également entrainer une hyperprolactinémie ;
  • un choc émotionnel, un amaigrissement brutal, une activité sportive intensive peuvent également avoir un impact sur l’axe hypothalamo-hypophysaire et entrainer des troubles de l’ovulatoires transitoires.

Une insuffisance ovarienne

Les ovaires ne fonctionnent ou pas, ce qui entraine une anovulation. Cette insuffisance ovarienne, parfois appelé hypogonadisme d’origine basse (au niveau des ovaires) peut être due à :

  • une anomalie chromosomique, comme le syndrome de Turner où l’un des chromosomes X est absent ;
  • un traitement (chimiothérapie, radiothérapie) ou une chirurgie qui a altéré la fonction ovarienne ;
  • une ménopause précoce : chez certaines femmes, le stock de follicule ovarien s’épuise précocement. La cause peut être génétique ou auto-immune, mais souvent elle reste inexpliquée.

L'endométriose

L’endométriose se caractérise par la présence de tissu de la muqueuse utérine en dehors de l’utérus (ovaires, trompes, paroi externe de l’utérus, vagin, etc). Ce tissu se comporte comme celui de l’endomètre : sous l’effet des hormones, il saigne au moment des règles. Ce sang ne pouvant être évacué, il stagne et peut entrainer des inflammations, des lésions, des adhérences, des kystes. En fonction de leur degrès et de leur localisation, ces lésions peuvent peuvent endommager les trompes, nuire au bon fonctionnement des ovaires, empêcher la nidation. Ainsi dans 15 à 20% des cas, l’endométriose est associée à une infertilité.

Les pathologies cervicales

Après éjaculation dans le vagin, les spermatozoïdes doivent traverser le col de l’utérus, premier obstacle à franchir sur leur chemin pour rejoindre l’ovocyte. Les cellules du col de l’utérus sécrètent un mucus appelée glaire cervicale, dont les propriétés varient au cours du cycle pour favoriser le passage des spermatozoïdes (au moment de l’ovulation) ou au contraire le gêner. Toute pathologie qui altère la glaire cervicale en quantité, qualité ou pH peut empecher le passage des spermatozoïdes, et donc la fécondation. En cause :

  • une infection ;
  • une anomalie des glandes endocervicales entrainant un trouble de sécrétion ;
  • les suites d’un traitement du col de l’utérus pour oter des lésions pré-cancéreuses (cotisation).

Les anomalies tubaires

Les trompes constituent l’autre lieu de passage important des spermatozoïdes, qui doivent les remonter afin d’atteindre l’ovocyte qui attend dans la partie supérieur d'une trompe. Si les trompes sont bouchées, les spermatozoïdes ne peuvent passer et il ne peut y avoir fécondation. Parfois les trompes ne sont pas bouchées mais abimées, et la muqueuse qui les tapisse ne peut correctement jouer son rôle de propulsion de l’œuf fécondé vers l’utérus, ce qui augmente le risque de grossesse extra-utérine.

La salpingite (infection des trompes) est la cause la fréquente d’anomalies tubaires. Elle peut faire suite à une infection sexuellement transmissible (chlamydiae, gonocoque), rarement un examen ou un geste médical gynécologique (IVG, curetage, pose d’un stérilet).

Les pathologies utérines

Un problème au niveau de l’utérus peut empêcher la nidation de l’œuf fécondé. Il peut s’agir de :

  • une synéchie utérine, c’est-à-dire l’accolement ou moins étendu des parois de l’utérus. Ces lésions cicatricielles sont dues à une infection consécutive à une chirurgie ou un geste au niveau de l’utérus (curetage, interruption de grossesse) ;
  • des fibrome ou des polypes qui peuvent, en fonction de leur taille et de leur localisation, empêcher la nidation ou déformer l’utérus et bloquer les trompes ;
  • une malformation utérine congénitale ou acquise, suite à un traitement comme le Distilbène®. La prise de ce médicament, prescrit à certaines femmes jusqu’en 1977 pour prévenir les fausses-couches, a provoqué des anomalies génitales chez certaines femmes exposées in utéro.
  • une endométrite (infection de l’endomètre)

Rappelons enfin qu’en dehors de toute pathologie, certains facteurs influent la fertilité naturelle :

  • l’âge : la fertilité féminine diminue après 30 ans. Les chances de grossesse à chaque cycle sont de 25% à 25 ans, 12% à 35 ans, 6% à 40 ans (2). De après 40 ans, le risque de fausse-couche est doublé ;
  • un surpoids, une obésité ou une maigreur ;
  • le tabac, l’alcool ;
  • le sport intensif.

Rédaction : Julie Martory, journaliste spécialiste de l'univers parental.
Mai 2017