L'accouchement naturel


 

Qu'est-ce que l'accouchement naturel ?

L’accouchement naturel est un accouchement respectant le processus physiologique du travail et de la naissance, avec une intervention médicale réduite à son strict minimum. Rupture artificielle de la poche des eaux, perfusion d’ocytocine, analgésie péridurale, sondage vésical ou surveillance continue par monitoring : ces différents gestes pratiqués aujourd’hui de façon quasi systématique sont, dans le cadre d'un accouchement naturel, évités.

Un accouchement naturel n’est possible que si la grossesse est considérée comme "normale" soit, selon l’OMS, "une grossesse dont le déclenchement est spontané, le risque est faible dès le début et tout au long du travail et de l’accouchement. L’enfant naît spontanément en position céphalique du sommet entre la 37ème et 42ème semaine de gestation. Après la naissance, la mère et le nouveau-né se portent bien." (1)

Pourquoi y avoir recours ?

Partant du principe que la grossesse et l’accouchement ne sont pas une maladie mais un processus naturel, un "heureux événement" qui est comme le veut la formule, certains parents estiment que l’intervention médicale doit être limitée à son stricte minimum. A cet égard, l’OMS rappelle d’ailleurs " qu’un accouchement normal, à condition qu'il soit à faible risque, nécessite seulement l'observation attentive d'une accoucheuse ou d'un accoucheur qualifié capable de déceler les signes précoces de complications. Il ne requiert aucune intervention, seulement des encouragements, un soutien et un peu de tendresse. " Or " en France, 98% des accouchements ont lieu dans des maternités où la grande majorité est gérée selon des protocoles normalisés justifiés pour les accouchements avec complications, alors que seule 1 femme sur 5 a un besoin avéré d’un encadrement médical spécialisé et que l’intervention d’un obstétricien n’est nécessaire que dans 20 à 25 % des naissances ", explique la sage-femme Nathalie Boéri (2).

Face à cette "hyper-médicalisation de l’accouchement", certaines femmes souhaitent se réapproprier la naissance de leur enfant et lui offrir une naissance respectée. Cette volonté s’inscrit dans le mouvement de parentalité respectueuse qui a émergé il y a une dizaine d’années. Pour ces mamans, l’accouchement naturel est le seul moyen d’être "actrice" de leur accouchement. Elles font confiance à leur corps et en sa capacité à gérer cet événement naturel qu’est la naissance.

Cette volonté de réappropriation de l’accouchement est en outre appuyée par certaines recherches, dont celles de Michel Odent, qui tendent à établir une corrélation entre l’environnement de la naissance et la santé physique, psychique et affective de l’être humain en devenir (3).

Où accoucher pour un accoucher naturellement ?

Le projet d’accouchement naturel commence par le choix du lieu d’accouchement, les propices à ce type d’accouchement étant :

  • les pôles physiologiques ou "salles nature" de certaines maternités, lieux représentant "une alternative entre l’accouchement médicalisé à l’hôpital et l’accouchement à domicile", explique la sage-femme Simone Thévenet ;
  • la maison dans le cadre d’un accouchement assisté à domicile (AAD) ;
  • les maisons de naissance, dont l’expérimentation a commencé en 2016 avec 9 lieux, conformément à la loi du 6 décembre 2013 ;
  • un plateau technique ouvert à des sages-femmes libérales pratiquant l’accompagnement global.

Techniques et méthodes

Dans le cadre d’un accouchement naturel, certaines pratiques doivent être privilégiées afin de favoriser le processus physiologique de l’accouchement et aider la future maman à gérer la douleur :

  • la mobilité et le choix de la posture durant le travail et l'expulsion : "de en d’études ont montré que la mobilité et la liberté posturale étaient favorables à la mécanique de l’accouchement", rappelle Bernadette de Gasquet. Certaines positions auraient également un effet antalgique, permettant aux mamans de mieux gérer la douleur. Différents objets peuvent être utilisés pour adopter ces positions : lit d’accouchement électrique, ballon, galette, banc de naissance, lianes de suspensions montées sur rails ou sur un dispositif composé d’une chaise trouée (dit multritrack ou combitrack) ;
  • le recours à l’eau, pour ses vertus antalgiques notamment, dans une baignoire de dilatation ;
  • des moyens thérapeutiques naturels comme l’homéopathie, l’acupuncture, l’hypnose ;
  • le soutien moral, avec la présence d’une sage-femme, voire d’une doula, durant toute la durée du travail.

 

Fiche créée : septembre 2016