Vitamine K

Vitamine K


 

Autres noms : vitamine de la coagulation, phytoménadione, phylloquinone, phytonadione ou vitamine K1, ménaquinone, ménatétrénone ou vitamine K2, ménadione ou vitamine K3.

Indications

Efficacité possible

Prévenir et traiter l’ostéoporose.

Voir la légende des symboles

Efficacité incertaine

Prévenir les troubles cardiovasculaires.

Note. En médecine classique, on utilise de hautes doses de vitamine K pour contrer les effets néfastes d’une surdose de warfarine (un anticoagulant) ou d’une défaillance de la coagulation sanguine.

Posologie de la vitamine K

Ostéoporose

  • Les données sont insuffisantes pour suggérer un dosage thérapeutique. Lors de quelques études sur des sujets occidentaux, on a utilisé de 200 µg à 1 000 µg (1 mg) de vitamine K1 par jour. Pour des essais effectués au Japon, on a fréquemment administré 45 mg de vitamine K2 par jour, c’est-à-dire une dose très élevée.

Apport suffisant* en vitamine K

Âge

µg**/jour

de 0 à 6 mois

2

de 7 à 12 mois

2,5

de 1 à 3 ans

30

de 4 à 8 ans

55

de 9 à 13 ans

60

de 14 à 18 ans

75

Hommes

120

Femmes

90

Source : Dietary Reference Intakes for Vitamin A, Vitamin K, Arsenic, Boron, Chromium, Copper, Iodine, Iron, Manganese, Molybdenum, Nickel, Silicon, Vanadium, and Zinc (2002). Food and Nutrition Board, Institute of Medicine, USA. Ces données sont le résultat d’un consensus entre les autorités canadiennes et américaines.
* En l’absence de données scientifiques suffisantes, les autorités ont fixé, non pas un apport nutritionnel recommandé (ANR), mais un apport suffisant (AS). L’apport suffisant en vitamine K repose sur les apports moyens chez les Nord-Américains en bonne santé.
**1 µg = 1 microgramme, c’est-à-dire 1 millionième de gramme.

Description de la vitamine K

La vitamine K est une vitamine liposoluble (soluble dans le gras). Son nom vient de l’allemand Koagulation, une allusion au rôle qu’elle joue dans la coagulation sanguine. Il existe deux formes principales de cette vitamine : la phytoménadione, ou vitamine K1, qui provient principalement des légumes verts, et la ménaquinone, ou vitamine K2, qui est produite par des bactéries dans le côlon ou qui apparaît dans certains aliments à la suite d’un processus de fermentation (fromage, miso, natto, etc.). La vitamine K1 intervient directement dans le processus de la coagulation, alors que la K2 agit plutôt sur la calcification des tissus mous.

En Amérique du Nord, ainsi que dans la majorité des pays européens, on trouve la vitamine K1 sous forme de médicaments, de suppléments ou dans des suppléments multivitaminiques. Depuis une décennie seulement, on s’intéresse à la vitamine K2 et au rôle qu’elle peut jouer dans la prévention ou même le traitement de l’ostéoporose ou pour prévenir les troubles cardiovasculaires1.

Il existe une forme synthétique, la vitamine K3 (ou ménadione), qui n’est utilisée en Amérique du Nord, car elle a été liée à une toxicité hépatique. Elle est désormais limitée à un usage vétérinaire.

Sources alimentaires de vitamine K

Vitamine K1 : les légumes verts (particulièrement les foncés, comme les épinards, le brocoli et les asperges), les algues et, à un moindre degré, les huiles de soya (9 µg par cuillère à soupe) et de canola (6 µg par cuillère à soupe). Par exemple, une tasse de brocoli cuit (200 g) fournit 220 µg de vitamine K1 et une tasse d’épinards cuits (200 g), 888 µg2. La cuisson ne détruit pas la vitamine K.

Vitamine K2 : on trouve la vitamine K2 dans le miso (pâte de haricots de soya fermentée), le foie, le lait, le fromage, le yogourt et les huiles de poisson.

Carence en vitamine K

Fréquente chez les nouveau-nés, la carence en vitamine K est traitée par supplémentation. Rare chez l’adulte, une carence peut néanmoins apparaître en cas de grave maladie du foie, des voies biliaires ou de l’intestin, ce qui nécessite alors un traitement médicamenteux. En effet, une carence en vitamine K entraîne une défaillance de la coagulation sanguine (hypoprothrombinémie).

Des études épidémiologiques (voir la section Recherches) indiquent que l’apport en vitamine K est faible, les risques de fractures sont élevés, ce qui donne à penser qu’une carence en vitamine K, même lorsqu’elle est asymptomatique, pourrait accélérer l’ostéoporose3.

Historique de la vitamine K

La vitamine K1 a d’abord été isolée dans la luzerne. Deux biochimistes, le Danois Henrik Carl Peter Dam et l’Américain Edward Adelbert Doisy, se sont partagés le prix Nobel de médecine ou physiologie en 1943 pour leurs découvertes sur la vitamine K, facteur de coagulation.

La vitamine K2 a ensuite été décelée dans une farine fermentée de poisson. On a aussi découvert que notre propre côlon produisait cette même molécule lorsque sa flore intestinale était saine et abondante.

Des chercheurs japonais ont mis au point un natto (haricots de soya pressés et fermentés) dit « fonctionnel ». Ce produit est fabriqué en faisant fermenter du soya avec une souche de bactérie spécialement sélectionnée pour ses capacités à produire de bonnes quantités de vitamine K24. À l’intérieur d’un programme relatif aux aliments à usage médicinal précis (FOSHU – Food for Specific Health Use), implanté par le ministère japonais de la Santé, on n’hésite pas à affirmer que ce natto peut contribuer à prévenir l’ostéoporose. Au Japon, une forme particulière de vitamine K2 (MK-4) est un traitement reconnu pour contrer l’ostéoporose.

Depuis octobre 2005, les suppléments de vitamine K sont offerts en vente libre au Canada, à condition que le dosage quotidien recommandé ne dépasse pas 120 µg par jour.

Recherches sur la vitamine K

Efficacité possible Ostéoporose. La plupart des études épidémiologiques indiquent que la carence en vitamine K est associée à une réduction de la densité osseuse5-7 et à une augmentation du risque de fractures8-10 chez les personnes de de 60 ans et les femmes postménopausées.

En 2003 et 2004, deux études menées sur des femmes postménopausées montraient que des suppléments de vitamine D et de calcium augmentaient la densité osseuse11 ou ralentissaient sa diminution12 de façon marquée s’ils étaient associés à la vitamine K1. Ces résultats furent contredits en 2008 par d’autres chercheurs, qui notèrent toutefois une amélioration des indices de déminéralisation osseuse13, 14.

Selon une étude d’envergure publiée en 2008, la vitamine K1 n’empêcherait pas le déclin de la densité osseuse lié à l’âge. Par contre, elle réduirait de façon significative la possibilité de fractures chez les femmes atteintes d’ostéopénie15, 16.

En ce qui a trait à la vitamine K2, des études et méta-analyses montrent qu’une forte dose de cette vitamine (45 mg par jour), absorbée seule ou avec de la vitamine D3 ou encore du calcium, peut augmenter ou préserver la densité osseuse chez les femmes postménopausées17, 18. Elle réduit aussi le risque de fracture chez les personnes qui affichent une carence en vitamine K ou souffrent d’ostéoporose19-23.

La plupart des études ont été réalisées au Japon. Les femmes japonaises ont généralement une densité osseuse faible que leurs consoeurs occidentales, mais paradoxalement, elles présentent moins de fractures des hanches. Les raisons, qui pourraient être d’ordre socioculturel, anatomique, génétique, ne sont pas connues pour le moment. Toujours est-il que ieurs chercheurs pensent que les effets de la vitamine K ne sont pas entièrement extrapolables aux femmes occidentales16, 19, 20. Ce qui expliquerait, par exemple, qu’une étude effectuée au Danemark n’observe pas de relation entre l’apport nutritionnel en vitamine K et la densité osseuse ou l’incidence des fractures24. Bien que les résultats demandent une confirmation par des essais effectués auprès des Occidentales, tous les auteurs s’entendent cependant pour insister sur l’importance d’un apport alimentaire élevé en vitamine K dans le maintien de la santé osseuse25-27.

Par ailleurs, parmi les essais menés au Japon, 4 ont porté sur 120 sujets en tout qui prenaient de la prednisolone (un corticostéroïde)28-31 : la vitamine K2 (45 mg par jour), absorbée seule ou avec de la vitamine D, s’est révélée utile pour réduire la déminéralisation osseuse provoquée par ce médicament.

Efficacité incertaine Protection cardiovasculaire. La vitamine K pourrait jouer un rôle protecteur contre l’athérosclérose10, 26 et les maladies cardiovasculaires32. En effet, un lien a été établi entre la déficience en vitamine K et un risque accru de calcification artérielle33, 34. Des chercheurs ont aussi montré que la prise de suppléments de vitamine K1 ralentit la progression de cette calcification35 ou réduit la perte d’élasticité des artères36. Enfin, les femmes souffrant d’ostéoporose après la ménopause ont de grands risques de souffrir d’athérosclérose37, 38.

Précautions

Attention

  • On recommande généralement aux personnes prenant de la warfarine d’éviter de changer leur consommation de vitamine K (aliments ou suppléments) de façon prononcée, afin d’assurer la stabilité de l’effet de ce médicament anticoagulant39-42.
  • L’absorption de la vitamine K peut être entravée par l’alcoolisme et l’utilisation d’huile minérale (huile de paraffine ou vaseline).

Contre-indication

  • Hypersensibilité à la vitamine K

Effet indésirable

  • Même à des doses très élevées absorbées pendant un ou deux ans, la vitamine K n’a pas provoqué d’effets indésirables notables.

Interactions

Avec des plantes ou des suppléments

  • La prise de fortes doses de vitamine K peut en théorie réduire l’effet anticoagulant de certaines plantes ou suppléments (ail, ginkgo, trèfle rouge, par exemple).
  • De fortes doses de vitamine E pourraient contrer l’effet de la vitamine K.

Avec des médicaments

  • La prise de suppléments de vitamine K peut réduire l’effet des médicaments anticoagulants (warfarine, Coumadin®).
  • Les traitements aux antibiotiques (parce qu’ils détruisent la flore intestinale), des médicaments, comme la cholestyramine, le cholestipol (traitement de l’hypercholestérolémie), l’orlistat (traitement de l’obésité), certains anticonvulsivants comme la phénytoïne (Dilantin®), la carbamazépine et le phénobarbital, peuvent freiner l’absorption de la vitamine K.

 

Réviseur : Guy Rousseau, Ph. D, professeur agrégé, Département de pharmacologie, Université de Montréal (juillet 2010)

Recherche et rédaction : PasseportSanté.net

Mise à jour : août 2010

 

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est possible qu’un lien devienne introuvable. Veuillez alors utiliser les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

Bibliographie

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Notes

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