Momordique

Momordique


 

 

Noms communs : momordique, margose, melon amer, balsamine.

Nom botanique : Momordica charantia, famille des cucurbitacées.
Nom anglais : bitter melon.
Nom chinois : Fu Kua.

Partie utilisée : le fruit.
Habitat et origine : plante annuelle grimpante originaire des régions tropicales de l'Asie, de l'Amérique du Sud et de l'Afrique, qui produit un fruit rappelant le concombre.

Indications

Efficacité incertaine

Réduire le taux de glucose sanguin chez les diabétiques.

Voir la légende des symboles

Usage traditionnel

Contribuer à faire baisser le taux de glucose sanguin chez les diabétiques. Combattre les infections microbiennes, virales et parasitaires.

Posologie

Diabète

  • Traditionnellement, on recommande de boire de 25 ml à 33 ml de jus du fruit frais (à peu près l'équivalent d'un fruit), deux à trois fois par jour avant les repas.
    Le jus étant très amer et l'approvisionnement en fruits frais n'étant pas toujours possible, certains fabricants proposent des extraits en capsules ou en comprimés. Le dosage de ces produits peut varier d'une marque à l'autre, mais ils sont souvent normalisés de manière à renfermer 7 % de principes amers et 0,5 % de charentine. Suivre la posologie suggérée par le fabricant.

Avertissement. L'automédication en cas de diabète peut entraîner de graves problèmes. Lorsqu'on entreprend un traitement ayant pour effet de modifier son taux de glucose sanguin, il faut surveiller sa glycémie de très près. Il est aussi nécessaire d’avertir son médecin, afin qu’il puisse, au besoin, revoir la posologie des médicaments hypoglycémiants classiques.

 

Historique

Connu en Inde sous le nom de karela, le fruit encore vert entre dans la composition de nombreux mets traditionnels, notamment certaines sauces au cari. On le consomme également dans ieurs autres pays asiatiques, de même qu'en Afrique et en Amérique du Sud. En Occident, on en trouve dans la plupart des boutiques d'aliments asiatiques.

Dans tous les pays où pousse la momordique, appelée aussi margose, les traditions médicinales lui attribuent des vertus aphrodisiaques. S’y ajoute une foule de propriétés pour contrer des maux comme les troubles gastro-intestinaux, les problèmes cutanés, les douleurs menstruelles, la dysenterie, la malaria, les vers, etc. Cependant, ce qui a le retenu l'attention des Occidentaux est sans contredit son utilisation traditionnelle pour réguler les taux de glucose sanguin chez les personnes diabétiques.

Dans des pays comme le Mexique, on traite encore les diabétiques en leur prescrivant le jus du fruit frais. On trouve désormais, dans les pays industrialisés, des extraits qui servent à la fabrication de capsules et de comprimés.

Dans le passé, on a employé toutes les parties de la plante à des fins médicinales. Il semble toutefois que ce soit le fruit qui renferme les importantes quantités de substances actives.

Recherches

Efficacité incertaine Diabète. Les résultats d'essais réalisés sur des animaux de laboratoire indiquent que la consommation du fruit frais ou de son extrait fait augmenter la tolérance au glucose1, prévient le développement des cataractes2 et des troubles rénaux associés au diabète3, ainsi que l'hyperglycémie et l'hyperinsulinémie provoquées par l'ingestion de grandes quantités de fructose4.

Par contre, les résultats sont mitigés en ce qui concerne l'action sur le pancréas. Plusieurs études indiquent en effet qu'un traitement à la momordique n'augmente pas les taux circulants d'insuline. Par ailleurs, des chercheurs japonais ont récemment découvert que les graines du fruit avaient une action pharmacologique similaire à celle des inhibiteurs de l'alpha-glucosidase, une classe de médicaments hypoglycémiants oraux qui retardent l'absorption des glucides parce qu’ils en ralentissent le processus de digestion5.

Les auteurs de quelques synthèses6-8 se sont penchés sur les résultats de six études cliniques non contrôlées (pas de placebo ou de traitement comparatif classique) ayant porté sur 218 sujets en tout. Ils estiment que, bien qu'ils soient positifs et confirment les effets observés chez les animaux, ces essais ne sont pas suffisants pour conclure à l'efficacité du fruit ou de l'extrait ni pour établir un protocole de traitement. En effet, on a employé différents produits (jus du fruit, pulpe cuite, extrait sec ou fluide, administration orale ou sous-cutanée), différents dosages et les études présentent toutes des faiblesses méthodologiques importantes9,10.

Des chercheurs indiens font par contre remarquer que l’innocuité du fruit est démontrée par un usage alimentaire répandu en Asie depuis longtemps. Selon eux, compte tenu de son faible coût dans ces pays, la momordique représenterait certainement un ajout souhaitable à la diète des diabétiques8.

Le fruit de la momordique contient un composant semblable à l’insuline, le polypeptide P, dont l’injection à des patients diabétiques entraîne une baisse importante du glucose sanguin en quelques heures8. Le fruit peut aussi accentuer l’effet des hypoglycémiants oraux tels que la chlorpropamide, la metformine ou le glybenclamide11.

Usage traditionnel Infections microbienne, virale et antiparasitaire. Cet usage traditionnel du fruit dans les pays des régions tropicales est appuyé par les résultats de ieurs études in vitro8,12,14. L’activité de certains composants du fruit de la momordique contre le virus du sida a notamment suscité beaucoup d’attention dans la dernière décennie. Le jus du fruit est également actif contre ieurs bactéries et vers parasites.

Divers. Les extraits du fruit ont affiché une activité anticancer dans de nombreux modèles cellulaires et animaux8,15-18. Bien que le fruit semble aussi avoir une action immunomodulatrice, il faudra attendre que des études cliniques d’envergure soient conduites chez l’humain avant de conclure à son efficacité clinique à ce sujet

Précautions

Attention

  • Les graines, particulièrement leurs arilles, sont toxiques. Les enfants peuvent être particulièrement sensibles à ses effets néfastes. Il est notamment déconseillé de traiter des enfants à l'aide de plantes antidiabétiques sans la supervision d'un professionnel de la santé.
  • Le diabète est une maladie grave dont le traitement nécessite un suivi médical. L'autotraitement avec des plantes réputées antidiabétiques peut entraîner de graves conséquences, notamment en interagissant avec les médicaments hypoglycémiants classiques.
  • On a rapporté deux cas de coma hypoglycémique chez des enfants ayant consommé une infusion de momordique19.

Contre-indications

  • Contre-indiqué en cas de grossesse parce qu'on a traditionnellement utilisé la plante comme abortif.
  • Éviter de donner aux personnes souffrant d'hypoglycémie ou de carence de l'enzyme glucose-6-phosphate déshydrogénase (G-6-PD).

Effets indésirables

  • Rarement, légers troubles gastro-intestinaux lorsqu'on prend des doses élevées.

Interactions

Avec des plantes ou des suppléments

  • Ses effets peuvent s'ajouter à ceux d'autres plantes ou suppléments dont l'action est hypoglycémiante.

Avec des médicaments

  • Ses effets peuvent s'ajouter à ceux des médicaments dont l'action est hypoglycémiante11.

L'avis de notre pharmacien

Les produits naturels ont-ils leur place dans le traitement du diabète?, par Jean-Yves Dionne

 

Réviseur :
Pierre Haddad, Ph. D., chercheur national du Fonds de la recherche en santé du Québec et professeur titulaire, Département de pharmacologie, Université de Montréal (mars 2007).

Recherche et rédaction : Pierre Lefrançois et Françoise Ruby, avec la collaboration de Jean-Yves Dionne, pharmacien (mars 2007).

Fiche mise à jour : mars 2007

 

 

Références

Note : les liens hypertextes menant vers d'autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est possible qu'un lien devienne introuvable. Veuillez alors utiliser les outils de recherche pour retrouver l'information désirée.

Bibliographie

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Natural Standard (Ed). Herbs & Supplements - Bitter Melon, Nature Medicine Quality Standard. [Consulté le 15 janvier 2007]. www.naturalstandard.com
Pizzorno JE Jr, Murray Michael T (Ed). Textbook of Natural Medicine, Churchill Livingstone, États-Unis, 1999.
Taylor L. Herbal Secrets of the Rainforest. Prima Publishing, États-Unis, 1998. [Consulté le 21 mars 2007]. www.rain-tree.com
The Natural Pharmacist (Ed). Natural Products Encyclopedia, Herbs & Supplements - Bitter Melon, ConsumerLab.com. [Consulté le 15 janvier 2007]. www.consumerlab.com
Therapeutic Research Faculty (Ed). Bitter Melon, Natural Medicines Comprehensive Database. [Consulté le 15 janvier 2007]. www.naturaldatabase.com

Notes

1. Leatherdale BA, Panesar RK, et al. Br Med J (Clin Res Ed) 1981 Jun 6;282(6279):1823-4.
2. Srivastava Y, Venkatakrishna-Bhatt H, Verma Y. Pharmacol Res Commun 1988 Mar;20(3):201-9.
3. Grover JK, Vats V, et al. J Ethnopharmacol 2001 Aug;76(3):233-8.
4. Vikrant V, Grover JK, et al. J Ethnopharmacol 2001 Jul;76(2):139-43.
5. Matsuur H, Asakawa C, et al. Biosci Biotechnol Biochem 2002 Jul;66(7):1576-8.
6. Basch E, Gabardi S, Ulbricht C. Am J Health Syst Pharm 2003 Feb 15;60(4):356-9.
7. Yeh GY, Eisenberg DM, et al. . Diabetes Care. 2003 Apr;26(4):1277-94. Texte intégral: http://care.diabetesjournals.org
8. Grover JK, Yadav SP. . J Ethnopharmacol. 2004 Jul;93(1):123-32.
9. Natural Standard (Ed). Herbs & Supplements - Bitter Melon, Nature Medicine Quality Standard. [Consulté le 12 mai 2003]. www.naturalstandard.com
10. Welihinda J, Karunanayake EH, et al. J Ethnopharmacol 1986 Sep;17(3):277-82.
11. Tongia A, Tongia SK, Dave M. . Indian J Physiol Pharmacol. 2004 Apr;48(2):241-4.
12. Das P, Sinhababu SP, Dam T. . J Altern Complement Med. 2006 Apr;12(3):299-301.
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14. Akinyemi KO, Mendie UE, et al. . J Herb Pharmacother. 2005;5(1):45-60.
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17. Pongnikorn S, Fongmoon D, et al. . J Med Assoc Thai. 2003 Jan;86(1):61-8.
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19. Hulin A, Wavelet M, Desbordes JM. Intoxication aigue par Momordica charantica (Sorrossi). À propos de deux cas. Semaine Hospitaux 1988;64(44):2847-2848. Rapport de cas mentionné dans : The Natural Pharmacist (Ed). Natural Products Encyclopedia, Herbs & Supplements - Bitter Melon, ConsumerLab.com. [Consulté le 15 janvier 2007]. www.consumerlab.com.


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