Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent, il vous soignera sans médicament

Synopsis

Voilà près de 50 ans qu'on mène une guerre sans répit au cholestérol sous prétexte qu'il est un facteur majeur de risque cardiovasculaire. Résultat : de 6 millions de Français sont traités et ceux qui ne le sont pas s'angoissent. Absurde! écrit Michel de Lorgeril, cardiologue et chercheur de renommée internationale, dans ce document stupéfiant. Le Dr de Lorgeril met en pièces le « mythe du cholestérol » et dénonce la prescription abusive des médicaments anticholestérol. Aussi incroyable que cela paraisse, celle-ci ne repose sur aucune preuve scientifique, mais sur une idéologie dictée par des intérêts économiques. Parmi les révélations de ce livre : Le cholestérol bouche les artères? NON. L'élévation du cholestérol augmente le risque de mourir d'une maladie cardiaque (de façon proportionnelle)? NON. Abaisser son taux de cholestérol par un régime ou un médicament réduit le risque de mourir d'un infarctus? NON. Outre son coût exorbitant pour l'assurance-maladie, la guerre anticholestérol a le grave inconvénient de nous détourner des véritables solutions pour protéger notre coeur. C'est pourquoi, tout au long de l'ouvrage, l'auteur les délivre sous la forme de conseils pratiques.

Commentaire

Disons-le d'emblée, le livre du Dr de Lorgeril a été largement conspué par des représentants du milieu médical. Tandis qu'il affirme que le cholestérol n'est pas responsable des risques d’infarctus du myocarde, ieurs sociétés expertes, comme la Société française de cardiologie, émettent aussitôt des avis pour insister sur le fait que l’hypercholestérolémie est, au contraire, l'un de ses principaux facteurs de risque. Quand il dénonce la prescription abusive de médicaments hypocholestérolémiants (les statines), ses adversaires insistent que ceux-ci jouent un rôle majeur de prévention d'accidents vasculaires.

Comment se fait-il qu'un cardiologue, chercheur dans l'équipe Coeur & Nutrition du Centre national de recherche scientifique (CNRS), soit en si total désaccord avec la majorité de ses pairs, puisque tous ont accès aux mêmes résultats de recherches? L'interprétation des faits y est pour beaucoup, comme il le précise lui-même. À son avis, de très gros joueurs comme les compagnies pharmaceutiques, qui organisent et financent les études cliniques, ont un impact important sur la tournure des choses. Il intitule un chapitre Comment naissent et se propagent les idées fausses, convaincu que le « délire collectif » à propos du cholestérol est causé par la marchandisation de la santé et par la désinformation, à laquelle les médias ne sont pas étrangers.

Même si le Dr de Lorgeril prend toujours le temps et les mots nécessaires pour asseoir ses opinions sur des arguments logiques ou des références philosophiques (c'est passionnant et souvent amusant), son livre est surtout pragmatique. Sur 25 chapitres, par exemple, il en consacre huit aux statines — qu'on prescrit maintenant à ieurs segments de la population. Or, ces médicaments ont beaucoup d'effets secondaires négatifs, dont certains, croit-il, vont complètement à l'encontre de ce qu'on attend d’eux : ils sont notamment toxiques pour les muscles et ils nuisent au métabolisme des acides gras essentiels.

Bien que très techniques, les propos du Dr de Lorgeril sont limpides (on peut en consulter un résumé dans l'entrevue qu'il nous a accordée). De , ses explications sont claires et très bien écrites, avec de nombreux exemples concrets, assez en tout cas pour se faire comprendre des non-spécialistes, c'est-à-dire ceux d'entre nous qui voudront mieux s'informer sur un problème de santé qui nous menace. On y trouve aussi de petites sections détaillées « pour les professionnels et les curieux ».

 

Lucie Dumoulin

Extrait

La façon de cuisiner et de manger est aussi importante que ce qu'on mange

 

Les principes nutritionnels de la diète méditerranéenne viennent d'une zone géographique qui est le berceau de notre civilisation et ils ont été expérimentés, si je puis dire, par des dizaines de générations sous des formes variées. Si le pain, le vin ou l'olive étaient néfastes pour la santé, ça se saurait!

 

Mais c'est vrai que ça peut l'être en pensant au vin précisément (quand il est consommé de façon irrationnelle) ou encore aux insipides sandwichs et hamburgers faits avec une farine industrielle hautement raffinée (et dépourvue de toute valeur nutritionnelle) et servis dans les fast-foods du centre-ville. Je dirais, qu'il s'agisse de vin ou de pain, que s'ils sont préparés (ou façonnés) à la méditerranéenne, ils ne sont jamais néfastes. Car le Méditerranéen ne boit pas n'importe quoi n'importe quand et ne mangera pas de mauvais pain! Sauf si les contraintes économiques et sociales en font un immigré ou un déraciné chez lui.

 

Cette question est importante, car elle introduit l'idée que la façon de préparer et la façon de consommer les mets sont d'une grande importance. Le concept de diète méditerranéenne est donc beaucoup complexe en théorie, puisqu'il inclut des aspects du mode de vie, mais aussi simple en pratique puisqu'il est basé sur des associations d'aliments spécifiques et pas sur de savants calculs, des rations et des pourcentages.[...]

 

Si préparer un repas ou un mets est important, cela signifie qu'il faut y consacrer du temps et de l'attention. Et comme toute activité humaine qui nécessite du temps et de l'attention, il y aura des façons différentes d'exécuter la manoeuvre.[...] Je prétends qu'adopter une diète méditerranéenne c'est certainement se réconcilier avec ses racines culturelles (son moi profond), mais c'est aussi passer une sorte de contrat avec mère Nature.

 

Dites à votre médecin que le cholestérol est innocent, il vous soignera sans médicament, Dr Michel de Lorgeril, Éditions Thierry Souccar, France, 2007, pages 370-371.