L'analyse du taux de lipase

taux-de-lipase

Le dosage de la lipase, une enzyme qui permet la digestion des graisses, est un examen sanguin qui permet au médecin de diagnostiquer une maladie du pancréas.

Qu'est-ce que la lipase ? 

La lipase est une enzyme digestive sécrétée par les cellules du pancréas et rejetée dans l’intestin grêle. Elle aide à digérer les graisses, en scindant les triglycérides en glycérol et en acides gras. Ces derniers pourront être absorbés par l’intestin grêle et utilisés par l’organisme pour lui fournir de l’énergie.

La lipasémie désigne le taux de lipase dans le sang.

A quoi sert l'analyse du taux de lipase ? ?

Le médecin prescrit une analyse du taux de lipase pour l’aider à diagnostiquer une maladie pancréatique ou ayant des retentissements sur le pancréas, comme par exemple la pancréatite (inflammation du pancréas), la maladie de Crohn ou encore la maladie cœliaque.

L’examen permet aussi de suivre l’évolution d’une maladie ou d’évaluer l’efficacité d’un traitement

Ainsi, le médecin peut demander une analyse du taux de lipase quand son patient a les symptômes suivants, caractéristiques de souffrance pancréatique :

  • des douleurs abdominales intenses ;
  • de la fièvre ;
  • une perte d’appétit ;
  • des nausées avec ou sans vomissement ;
  • une perte de poids inhabituelle ;
  • des selles huileuses ou grasses.

En complément, le médecin peut aussi demander l’analyse de l’amylase. Notons tout de même que le dosage de la lipase est spécifique, puisque celle-ci est sécrétée exclusivement par le pancréas, tandis que l’amylase est sécrétée par le pancréas et les glandes salivaires.

Comment interpréter un taux de lipase trop bas ou trop élevé ?

Le taux de lipase sanguin est normalement inférieur à 60 UI/L (pour unités internationales par litre) ou 190 UI/L, en fonction de la technique de mesure utilisée par le laboratoire d’analyse médical.

Une augmentation de la lipasémie peut être le signe :

  • d’une atteinte du pancréas :
    • une pancréatite, c’est à dire une inflammation du pancréas, qu’elle soit aiguë ou chronique (et dans ce dernier cas, c’est souvent associé à l’alcoolisme) ;
    • une lithiase pancréatique, c’est à dire une obstruction du canal pancréatique ;
    • un kyste pancréatique ;
    • un ulcère du pancréas ;
    • un cancer du pancréas ;
    • une cholécystite, c’est à dire une affection des voies biliaires ;
  • d’une atteinte de l’intestin et se son environnement proche :
  • une maladie de Crohn ;
  • la maladie cœliaque ;
  • un infarctus mésentérique ;
  • une péritonite ;
  • ou encore en cas d’insuffisance rénale, d’éthylisme, d’une hépatite C.

Quels sont les facteurs de variation  du taux de lipase ?

Certains médicaments sont susceptibles de faire varier le taux de lipases, comme :

  • des opiacés comme la morphine ou la codéine ;
  • certains anesthétiques ;
  • certains diurétiques ;
  • ou encore les pilules contraceptives.

Il est de ce fait important d’en parler au personnel médical, en fournissant par exemple les ordonnances récentes illustrant le traitement suivi.

Pour faire diminuer la concentration sanguin de lipase, il faut s’attaquer à la cause de son augmentation. Ainsi, le traitement d’une pancréatite par exemple consiste à :

  • mettre le pancréas au repos, et donc de jeuner (c’est à dire d’arrêter de s’alimenter – mais le patient peut être « nourri » par intraveineuse) ;
  • prendre des médicaments anti-inflammatoires ;
  • prendre des antibiotiques, pour éviter l’infection des tissus avoisinants ;
  • ou encore de subir une chirurgie qui peut consister à retirer la vésicule biliaire ou à drainer le conduit biliaire.

Comment se déroule l'analyse ? 

L’examen consiste en un prélèvement de sang veineux, en général au niveau du pli du coude. Il se déroule la plupart du temps directement dans un laboratoire d’analyse médicale.

Notons que le patient doit être à jeun pendant au moins 12 heures avant l’examen, pour que le dosage de la lipase soit le juste possible.

A lire aussi : 

Le cancer du pancréas
L'intestin grêle
L'analyse de l'amylase

 

Marion Spée, journaliste scientifique
Avril 2017