Les symptômes de la boulimie

Ce trouble alimentaire est lié à une réelle crise compulsive ainsi qu’à une perte de contrôle de l’esprit sur le corps, c’est pourquoi des activités quotidiennes comme prendre ses repas en société peuvent relever d’un véritable défi pour les personnes boulimiques.

  • Phases de suralimentation durant lesquelles la personne va manger jusqu'à atteindre le point de l'inconfort ou de la douleur. La prise alimentaire sera largement supérieure à celle prise au cours d'un repas normal ou d'une collation ;
  • Phases de jeûne pensant qu'elles pourront rétablir la prise de poids ;
  • Vomissements provoqués après avoir mangé ;
  • Prise de diurétiques, de laxatifs ou lavements ;
  • Pratique sportive intensive ;
  • Isolement 
  • Sautes d’humeur, irritabilité, tristesse, culpabilité, honte ;
  • Préoccupations anormales portant sur la forme du corps et le poids aboutissant à une vision déformée négative de l'image du corps.

Déroulement d’une crise de boulimie

La pré-crise

Le perfectionnisme qui guide la personne boulimique crée des tensions intérieures ainsi qu’un sentiment de manque, d’anxiété et d’irritabilité.

La crise

Une perte de contrôle et le besoin d’assouvir une pulsion peut alors envahir la personne boulimique. Le début de la crise correspond au moment où la volonté cède à cette pulsion qui devient insoutenable et où la personne boulimique va essayer de compenser ce qui est le souvent ressenti comme un vide intérieur.

Pour se faire, elle va ingérer une quantité importante de nourriture en très peu de temps, au détriment de la notion de plaisir. Les aliments sont choisis et sont de préférence sucrés et riches en calories.

Un sentiment de culpabilité va surpasser la satisfaction de voir la pulsion assouvie et va entraîner la phase de vomissement. Il s’agit d’une réelle purge, censée amener un certain soulagement. Dans certains cas, les vomissements peuvent également s’accompagner de prise de laxatifs, de diurétiques ou même des lavements.

L’après crise

La honte et la culpabilité font ensuite place à un sentiment de dégoût, qui va entraîner une volonté de reprendre le contrôle sur soi et ne recommencer. Mais ces crises font partie d’un cercle vicieux dont il est difficile de sortir uniquement grâce à la volonté, car, qu’une simple habitude, les crises de boulimie font partie d’un rituel.

Évaluation psychopathologique

Pour établir un diagnostic de boulimie, divers facteurs doivent être observés dans le comportement de la personne.

En Amérique du Nord, l’outil de dépistage habituel est le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM-IV) que publie l’Association Américaine de Psychiatrie. En Europe et ailleurs dans le monde, les professionnels de la santé utilisent généralement la Classification Internationale des Maladies (CIM-10).

En résumé, pour évoquer un trouble boulimique, il faut relever la présence de crises de boulimie durant lesquelles la personne a l'impression qu'elle perd totalement le contrôle de son comportement qui va la conduire à ingurgiter en une période de temps limité une quantité de nourriture largement supérieure à la normale. Enfin, la présence des comportements compensatoires est nécessaire pour parler de boulimie en sachant que les crises et les comportements compensatoires doivent survenir en moyenne 2 fois par semaine pendant 3 mois consécutifs. Enfin, le médecin évaluera l'estime de soi de la personne afin de voir si celle-ci est excessivement influencée par le poids et la silhouette comme c'est le cas chez les personnes boulimiques.

Évaluation somatique

En de l'évaluation psychopathologique, un examen physique complet est souvent nécessaire afin d'évaluer les conséquences des purges et autres comportements compensatoires sur la santé du patient.

L'examen recherchera des problèmes :

  • cardiaques tels que des troubles du rythme cardiaque ;
  • dentaires notamment une érosion de l'émail des dents ;
  • gastro-intestinaux tels que des troubles de la mobilité intestinale ;
  • osseux, notamment une diminution de la densité minérale osseuse ;
  • rénaux ;
  • dermatologiques.

Test de dépistage EAT-26

Le test EAT-26 permet de dépister les personnes susceptibles de souffrir de troubles des conduites alimentaires. Il s'agit d'un questionnaire de 26 items que le patient renseigne seul puis remet à un professionnel qui l'analyse. Les questions vont permettre d'interroger la présence et la fréquence des diètes, des comportements compensatoires et le contrôle que la personne exerce sur son comportement alimentaire.

Source : Pour la version francophone du test de dépistage EAT-26, Leichner et al. 19949

Complications de la boulimie

Les principales complications de la boulimie sont les désordres physiologiques ou moins graves induits par les comportements compensatoires de purge.

Les vomissements répétés peuvent entraîner des maux divers tels que : l'érosion de l'émail des dents, une inflammation de l’œsophage, un gonflement des glandes salivaires et une baisse du taux de potassium pouvant provoquer des troubles du rythme voire une insuffisance cardiaque.

La prise de laxatifs provoque elle aussi de nombreux troubles parmi lesquels on peut observer une atonie intestinale (manque de tonicité du tube digestif) provoquant une constipation, une déshydratation, des œdèmes et même une baisse du taux de sodium pouvant conduire à une insuffisance rénale.

Concernant les restrictions alimentaires, celles-ci peuvent induire une anémie, une aménorrhée (arrêt des menstruations), une hypotension, un ralentissement cardiaque et une baisse du taux de calcium pouvant provoquer de l'ostéoporose.

Enfin, l'abus de substances (drogues et alcool), souvent présent chez les personnes boulimiques, peut entraîner d'autres troubles somatiques. De , l'utilisation de ces substances peut aussi amener la personne à adopter des conduites à risques à cause de la désinhibition (rapports sexuels non protégés, etc...).