Pictogramme et grossesse : certains labos sont-ils trop prudents ?

Pictogramme et grossesse : certains labos sont-ils trop prudents ?

Le 16 août 2018.

Un décret publié fin 2017 oblige les laboratoires pharmaceutiques à apposer un pictogramme sur les boîtes de nombreux traitements anti-asthmatiques. Une mauvaise idée, selon la communauté médicale pneumologique.

Des médicaments dangereux en cas de grossesse ?

8% des femmes enceintes souffrent d’asthme. Jusqu’en 2017, elles pouvaient suivre des traitements anti-asthmatiques (corticoïdes inhalés et bronchodilatateurs)vmais depuis la publication d’un décret, un pictogramme indique que certains de ces médicaments sont identifiés comme « dangereux » pour les femmes enceintes. Certaines ont donc renoncé à se soigner, ce qui peut mettre en danger le bon déroulement de la grossesse ainsi que la santé du fœtus.

La communauté médicale pneumologique a donc tenu à alerter l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), pour que cette dernière corrige le tir et qu’elle retire ce pictogramme qui induit les femmes enceintes en erreur. « L’ensemble de la communauté médicale pneumologique s’inquiète des méfaits induits par l’apposition de ces pictogrammes », a-t-elle fait savoir.

Des pictogrammes qui induisent en erreur ?

« Cette démarche va à l’encontre de la stratégie préconisée dans le traitement de la maladie et semble injustifiée voire dangereuse, compte tenu des données scientifiques disponibles sur le sujet », a-t-elle ajouté. De son côté, la Société de pneumologie de langue française recommande aux patientes de ne pas interrompre leur traitement en cas de grossesse malgré le pictogramme « femmes enceintes = danger », sur la boîte de leurs médicaments.

« Ces pictogrammes génèrent une inquiétude et un alarmisme qui sont contre-productifs pour les patientes », constate également le Dr Elisabeth Elefant, chef du Centre de référence sur les agents tératogènes (CRAT), dans Le Figaro. Sans ces traitements, certaines femmes prennent en effet le risque de souffrir d’une crise sévère pouvant conduire à l’hospitalisation. En règle générale, il est fortement déconseillé d’arrêter un traitement sans l’avis de son médecin

Marine Rondot

Pour en savoir : Les médicaments durant la grossesse


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