Cancer du sein: oui aux végétaux, au soya et au poisson; non aux viandes rouges

23 septembre 2008 – Certains aliments contribueraient à réduire les risques de cancer du sein, tandis que d'autres les aggraveraient, même chez les femmes qui y sont prédisposées génétiquement, concluent des chercheurs de l'Université de Montréal1.

Cancer du sein et hérédité
On estime que de 5 % à 10 % des cas de cancer du sein sont attribuables à une prédisposition génétique. La plupart de ces cancers sont liés à une anomalie du gène BRCA1 ou BRCA2.

Vishnee Bissonauth, étudiante au doctorat au Département de nutrition, est l'une des auteurs de l'étude. Elle a recensé 24 études épidémiologiques traitant de la relation entre le cancer du sein et différents groupes d'aliments, publiées entre 1997 et 2007. Bien que ieurs études arrivent à des résultats opposés, la chercheuse arrive aux conclusions suivantes :

  • Les fruits et légumes auraient un effet préventif marqué chez les femmes porteuses de mutations génétiques.
  • Les phytoestrogènes, contenus dans les aliments à base de soya ou de graines de lin, réduiraient les risques de cancer du sein surtout chez les femmes postménopausées.
  • L'effet protecteur des produits laitiers faibles en gras serait attribuable à leur contenu en vitamine D.
  • Les viandes rouges augmenteraient le risque de cancer du sein, surtout si elles sont grillées plutôt que bouillies, et encore chez les femmes porteuses d'anomalies génétiques.
  • Les poissons auraient un effet bénéfique protecteur contre le cancer du sein. L'effet varie selon l'espèce et son mode de cuisson, à l'exception des poissons contaminés par des métaux lourds ou des pesticides.
  • Au-delà des aliments eux-mêmes, la quantité totale de calories ingérées par jour pourrait accélérer l'apparition du cancer du sein. Plusieurs études démontrent que celles qui consomment de 2 000 calories par jour, qu'elles soient porteuses ou non de mutations génétiques, courraient de risques d'être atteintes d'un cancer du sein.

Vishnee Bissonauth rappelle qu'un aliment ne peut provoquer, prévenir ou aggraver à lui seul le cancer du sein. « Par exemple, le fait de manger de la viande grillée au barbecue durant tout un été ne conduit pas immédiatement à la formation d'un cancer. Le cancer du sein est une maladie latente qui prend parfois une dizaine d'années avant de se manifester. »

Dépistage : tous les deux ans
À l'occasion du Mois de la sensibilisation au cancer du sein, en octobre, la Société canadienne du cancer invite les femmes de 50 ans à 69 ans à s'inscrire au . Cette initiative permet aux femmes de passer une mammographie tous les deux ans, sans devoir aller chez le médecin.

 

Emmanuelle Bergeron – Ninjagames.info

 

1. Bissonauth V, Shatenstein B et al. , Cancer Detect Prev. 2008;32(1):52-64.

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