Prier pour mieux guérir?

7 avril 2006 – Prier pour la guérison d'une personne malade n'aurait aucun impact et pourrait même compromettre sa santé lorsqu'elle sait qu'on prie pour elle. C'est ce qu'affirment des chercheurs américains affiliés à la prestigieuse Faculté de médecine de l'Université Harvard.

Pour leur étude, les chercheurs ont recruté environ 1 800 patients en attente d'un pontage coronarien et les ont divisés en trois groupes. Le premier groupe savait avec certitude qu'on prierait pour lui. Des gens priaient aussi pour les membres du second groupe tandis que personne ne priait pour ceux du troisième, mais ces deux groupes avaient été laissés dans l'incertitude à ce sujet. Ils savaient simplement qu'on prierait peut-être pour eux.

Trois groupes de prière –deux catholiques et un protestant- ont été mis à contribution. Pendant 14 jours, ces chrétiens demandaient, dans leurs prières d'une durée de 30 secondes à quelques heures, que l'intervention chirurgicale soit couronnée de succès et que le rétablissement soit rapide et sans complications. Ils ont déclaré avoir prié d'une à quatre fois par jour.

Les résultats obtenus sont étonnants : 30 jours après l'intervention chirurgicale, 58,6 % des patients qui savaient avec certitude qu'on avait prié pour eux avaient été victime d'une complication (qu'elle soit neurologique, respiratoire, cardiaque, rénale, etc.) contre 50,9 % chez ceux qui n'avaient pas bénéficié de prières et 52,5 % chez ceux qui n'étaient pas assurés que quelqu'un avait prié pour eux.

Cela est d'autant surprenant quand on sait qu'avant l'opération, environ les deux tiers des participants avaient dit croire à la guérison par la prière. De surcroît, au moins 95 % d'entre eux avaient déclaré que des proches ou des membres de leur communauté religieuse prieraient pour eux.

Les auteurs s'expliquent mal que les complications aient été fréquentes chez les membres du groupe qui savaient qu'on priait pour eux. Mais l'un des chercheurs de l'équipe avance une hypothèse intéressante : les membres de ce groupe ont peut-être pensé que leur cas était désespéré pour qu'on ait recours à la prière pour les aider. Cela aurait donc pu créer, chez eux, un surcroît de stress et d'anxiété.

Les chercheurs spécifient que leur étude ne cherche pas à répondre à des questions d'ordre religieux, comme l'existence de Dieu.

Le théologien américain Harold Koenig, de l'Université Duke en Caroline du Nord, a toutefois réagi à leurs résultats. Il a déclaré à l'agence Associated Press ne pas être surpris, puisque la science n'est pas conçue pour étudier le surnaturel. Il a aussi demandé pourquoi Dieu modifierait le destin d'un individu simplement pour accommoder les besoins d'une étude clinique.

L'étude, qui s'est déroulée de janvier 1998 à novembre 2000, a coûté 2,4 millions de dollars américains. Les résultats seront publiés sous peu dans l'American Heart Journal.

 

Jean-Benoit Legault – Ninjagames.info

D'après Associated Press et New York Times News Service.

 

1. Benson H, Dusek JA, Sherwood JB, et al. , Am Heart J, 2006 Apr;151(4):934-42.

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