Comment préparer la peau au soleil ?

Nombreux sont ceux qui s'apprêtent, dans quelques semaines, à prendre le large vers des horizons ensoleillés . Mais comment préparer sa peau de manière à éviter les coups de soleil ? PasseportSanté vous aide à démêler le vrai du faux avec la participation de professeurs en dermatologie.

Les cabines UV pour mieux bronzer ?

Les cabines UV pour mieux bronzer ?

Ah le bronzage... Longtemps méprisé par la classe aristocratique qui l’associait au peuple paysan (au point d’appliquer des produits chimiques sur leur peau pour garder leur teint clair), il est presque devenu l’obsession des vacanciers. Du léger hâle au teint doré, le bronzage est aujourd’hui un gage de beauté et même de bonne santé : il nous donne « bonne mine ». La préparation de la peau au soleil est devenu un sujet brûlant et les cabines de bronzage (ou solariums) remportent un franc succès.

Des cabines UV qui améliorent le bronzage ?

Elles en donnent surtout l’illusion. Le véritable mécanisme du bronzage repose sur les rayons ultraviolets UV-B qui sont à différencier des UV-A. Sous leur action, les kératinocytes (= cellules de la couche superficielle de la peau) vont se multiplier et la rendre ainsi solide et moins perméable aux rayons. Dans le même temps, ces kératinocytes vont sécréter une hormone responsable de l’apparition de la mélanine. C’est elle qui a la propriété d’absorber les rayons ultraviolets UV-B et qui donne à la peau cette teinte brune spécifique. Ce processus n’est autre qu’une protection de la peau contre « l’agression » des UV-B.

Vous l’avez compris, ce phénomène de bronzage ne peut pas vraiment intervenir avec les cabines UV puisque 95 % des rayons émis sont des UV-A et seulement 5 % des UV-B. « L’effet dit bronzant des cabines à UV est faux puisqu’il s’agit en fait d’une simple photo-oxydation des mélanines et non une mélanogénèse comme avec les UV-B du soleil » explique le dermatologue Pierre Thomas pour PasseportSanté. Les UV-A sont surtout à l’origine du « phénomène de Meirowsk », coloration gris-brun visible immédiatement après une longue exposition (ou très condensée comme dans les cabines) et très transitoire. « D’où le besoin de recommencer l’expérience pour maintenir les effets » poursuit le dermatologue.

En réalité, le pouvoir bronzant des cabines à UV est donc bien moindre et l’épaississement de l’épiderme, très modéré, n’est dû qu’à la faible quantité d’UV-B émis par ces cabines.

Des cabines UV qui protègent la peau des coups de soleil ?

En faible quantité, les UV sont certes indispensables à la synthèse de la vitamine D, mais à des quantités importantes, ils altèrent les fibres de collagène et le tissu élastique, provoquant le vieillissement précoce de la peau. Ils ont été classés comme cancérigènes par l’OMS : 50 à 90% des cancers de la peau leur sont imputables, faisant d’eux le premier facteur de risque pour les cancers de la peau.

La dose d’UV que l’on reçoit dans une cabine est très condensée ! « Dans les cabines UV-A, surtout celles à haute pression, on reçoit 16 à 23 fois la dose d’UV-A solaire en 10 minutes ! » précise le docteur Thomas.  Et cette fois, pas question de dissocier UV-A des UV-B : il est clairement établi aujourd’hui que les UV-A provoquent un taux de mutation égal ou supérieur aux UV-B, et donc qu’ils sont tout aussi responsables des cancers que les UV-B...

Le coup de soleil est une brûlure ou moins importante selon sa profondeur et son étendue. Il correspond à un mécanisme de défense de l’organisme. Lorsqu’il « juge » que la dose d’UV-B reçue par la peau est devenue trop dangereuse pour lui, il provoque cette réaction douloureuse pour empêcher la prolongation de l’exposition. Aujourd’hui, il est pourtant considéré comme une véritable menace !

Pour connaître la protection solaire qu’offre une crème, un vêtement ou même un bronzage, on utilise le « FPS » (Facteur de Protection Solaire). Si une personne a habituellement un coup de soleil au bout de 10 minutes sans protection, un indice FPS de 15 lui permet d’être protégé de ce même coup de soleil durant 2 heures et demie (soit 15 x 10 minutes).

Or, le hâle transitoire que permettent les cabines de bronzage assure une protection très peu efficace contre les coups de soleil : à peine un FPS de 2, soit une protection extrêmement faible…
 

Le saviez-vous ?

Les UV-A traversent les vitres, pas les UV-B ! Derrière la vitre, à l’abri des coups de soleil, on se sent donc en sécurité mais si l’on exerce un métier tel que routier, on s’apercevra avec les années des méfaits des UV-A sur le vieillissement cutané !

 

Vers la fin des cabines ?

Une commission sénatoriale a récemment recommandé l’interdiction de ces cabines  « hors usage médical », utilisées par 16 % de la population mondiale. Une proposition déjà adoptée au Brésil et qui rejoint l’avis rendu par l’Académie de Médecine au mois de mai dernier en France.