Les enfants et l’incontinence urinaire

Les causes de l'incontinence urinaire chez l'enfant

Les causes de l'incontinence urinaire chez l'enfant

Pour comprendre les causes de l’incontinence urinaire de l’enfant, il faut se pencher sur les mécanismes mis en jeu lors de l’acquisition de la propreté. Cette dernière est dépendante de la maturation du système urinaire (et notamment de la vessie), mais aussi de celle du système nerveux. Si ces deux conditions sont réunies (généralement aux alentours de l’âge de 4 ans), les mictions pourront être normales, c'est-à-dire contrôlées et avec une fréquence de 4 à 7 par jour chez les enfants de de 5 ans.

 

L’énurésie nocturne

Elle se définit par la présence de fuites urinaires exclusivement pendant la nuit. Il ne s’agit pas d’une maladie mais d’une condition extrêmement fréquente qui finira dans tous les cas par disparaître. Néanmoins, elle ne doit pas être banalisée pour autant, car elle peut être vécue comme un handicap et générer conflits et moqueries.

L’énurésie nocturne n’est pas encore bien comprise, mais ieurs hypothèses semblent se confirmer. Il existe d’abord, très vraisemblablement, une prédisposition génétique puisque si l’un des deux parents a été touché pendant l’enfance, la probabilité que l’enfant en soit atteint est de 45 %. Elle est même de 77 % si les deux parents ont été concernés un jour par le problème.

Par ailleurs, les enfants touchés auraient une anomalie au niveau de la sécrétion d’une hormone : la vasopressine. Celle-ci entraînerait une production beaucoup importante d’urine la nuit, même en cas d’une baisse des apports hydriques le soir. Il est probable également qu’il s’agisse d’un problème de maturité du système urinaire ainsi que du mécanisme d’éveil. Il s’avère en effet que l’enfant souffrant d’énurésie est très difficile à réveiller. Cela pourrait expliquer que sa vessie pleine ne suffise pas à le réveiller. Enfin, des facteurs psychologiques peuvent également rentrer en ligne de compte : un enfant victime (ou qui se croit victime) d’une carence affective ou d’une surprotection peut trouver dans ce trouble une manière inconsciente de marquer son appartenance au « monde des petits ».

 

L’incontinence diurne et l’énurésie non monosymptomatique (diurne et nocturne)

Ces problèmes d’incontinence résultent pour l’essentiel de troubles fonctionnels de la miction, au niveau du stockage et de la vidange de la vessie (vessie immature, perte de coordination entre la contraction vésicale et le relâchement du sphincter...). En fonction du trouble, ils peuvent se traduire par divers symptômes comme des sensations d’urgence avec des fuites de petites ou grandes quantités, des mictions peu fréquentes, des infections urinaires à répétition... Pour déterminer l’origine précise du problème, il faudra consulter un spécialiste qui prendra soin d’étudier le récit des antécédents de l’enfant et son histoire personnelle avant d’entreprendre d’éventuels examens complémentaires. Cette consultation est importante car il a été démontré que les enfants qui présentent une incontinence diurne prolongée développent une diminution de l’estime de soi.

Les symptômes qui peuvent faire penser à une dysfonction vésicale :
- Une fréquence anormale des mictions ( de 8 fois/jour ou moins de 3 fois/jour).
- Des fuites urinaires même minimes survenant dans la journée.
- Des sensations d’urgence, des besoins impérieux d’uriner.
- Des sensations de besoin non suivis de miction (« faux besoins »).
- Un faible jet urinaire ou un jet irrégulier.
- Des manœuvres de retenue telles qu’un accroupissement, des agitations...
- Des douleurs urinaires, une sensation de vidange incomplète...

 

Il faut noter que les études ont montré que les conditions d’apprentissage de la propreté n’étaient pas déterminantes. Néanmoins, l’éducation mictionnelle semble légèrement efficace pour l’acquisition de la propreté diurne que la propreté nocturne.

Référence

Bael An, Winkler P, Lax H et al. Behavior Profiles in Children with functionnal Urinary Incontinence Before and After Incontinence treatment. Pediatrics 2008; 121; e1196–e1200